ROMARIN Feuille

Rosmarinus officinalis

Botanique

Le romarin est un petit arbuste ligneux et touffu qui peut atteindre 2 m de hauteur. Il est caractérisé par de petites feuilles vertes foncées sur le dessus et vertes blanchâtres sur la face inférieure en forme d’aiguilles et à bords repliés. Les fleurs à corolle de type « labiées » de couleur bleue claire ou lilas pâle sont disposées à l’aisselle des feuilles et forment des inflorescences en grappe courte. C’est une plante commune du bassin méditerranéen que l’on retrouve dans les garrigues et sur des terrains calcaires de faible altitude. On la retrouve également en Asie du Sud-ouest et dans les Caraïbes. Les sommités fleuries sont les parties utilisées en phytothérapie.

Les Pharaons utilisaient déjà le romarin comme plante d’embaumement, les Romains et les Grecs l’utilisaient en symbole d’amour et de prospérité. La légende veut que la couleur bleue des fleurs soit attribuée à Marie. Avant de donner naissance à l’enfant Jésus, elle aurait déposé sa cape de couleur bleue sur un romarin planté devant l’étable.
La cape aurait déteint sur l’arbrisseau et c’est ainsi que, depuis, tous les romarins fleurissent bleus. Certains voient dans cette légende une autre origine possible au nom Romarin à savoir « Rose de Marie » (l’appellation anglaise étant d’ailleurs Rosemary).

Principales indications

En rapport avec ses propriétés détoxicantes
  • Lors de la prise au long cours de xénobiotiques (notamment pilule contraceptive, THS, psychotropes…)
 
En rapport avec ses propriétés hépatoprotectrices
  • Hépatite virale aiguë ou chronique en complément des thérapeutiques habituelles
  • Hépatite toxique (alcool, médicament…)
  • Stéatose hépatique non alcoolique
 
En rapport avec son usage traditionnel cholérétique et cholagogue
  • Troubles fonctionnels intestinaux avec constipation
ROMARIN Feuille

Principales propriétés pharmacologiques

Activité hépatoprotectrice
 
Cet effet du romarin est lié à la fois à la présence d’acide carnosique, de carnosol et d’acide rosmarinique. L’action hépatoprotectrice de l’acide carnosique et du carnosol passerait en partie par leur capacité à maintenir et à augmenter l’activité enzymatique de la glutathione peroxydase et de la superoxyde dismutase, dont l’activité est diminuée en présence d’un toxique1.
 

Activité détoxicante
 
L’extrait de romarin possède également une activité détoxicante. En effet, in vitro, l’acide carnosique et le carnosol ont montré être des activateurs des enzymes de phase II. De plus, l’acide rosmarinique, est capable d’activer à la fois des enzymes de phase I (CYP) et des enzymes de phase II (glutathione S-transferase et UDP-glucuronosyltransferase)3.
 

Activités cholérétique et cholagogue
 
Le romarin est également reconnu en médecine traditionnelle pour ses effets cholérétiques et cholagogues4.
 

Activité antioxydante
 
L’extrait de romarin a démontré des propriétés antioxydantes. L’acide rosmarinique exercerait son
effet antioxydant en inhibant la production de monoxyde d’azote ainsi que d’autres molécules réactives de l’oxygène et de l’azote. Ainsi, dans des macrophages en culture, l’acide rosmarinique éviterait des dommages importants causés par le stress oxydant ou le vieillissement cellulaire5,6,7.
 

Activité anti-inflammatoire
 
L’extrait de romarin est capable d’inhiber la  formation de peroxynitrites et de nitrites sur des
cellules traitées avec du LPS ou de l’IFN γ8 en inhibant l’expression de la NO synthase inductible (iNOS). Cet effet serait dû à l’inhibition préalable de la voie de NFκB et des MAPK9. Ces résultats intéressants indiquent que le romarin serait capable d’induire un mécanisme avantageux dans la protection cellulaire et la résolution de l’inflammation.
Le romarin, et plus particulièrement le carnosol et l’acide carnosique, agissent en inhibant l’activation de la 5-lipoxygénase et diminuent ainsi les réponses pro-inflammatoires dans des leucocytes stimulés10.
 

Activité anti-allergique
 
Chez l’homme, l’acide rosmarinique améliorerait significativement les symptômes des allergies saisonnières, comparé à un placebo. Ces effets passeraient par l’inhibition de l’induction de certaines
molécules d’adhésion et de la cyclo-oxygenase-2 (COX-2)11,12.

Associations de plantes avec ROMARIN Feuille

  • Dyspepsie + Curcuma
  • Mal des transports

Effets secondaires

Aucun connu à ce jour.

Toxicité

Aucune connue à ce jour.

Précautions d'emploi

Aucune

Contre-indications

Les femmes enceintes et allaitantes sont invitées à prendre l’attache d’un professionnel de santé avant toute complémentation.

Interactions médicamenteuses

Aucune connue à ce jour.

Ces données, non exhaustives, sont issues de la littérature scientifiques. Elles peuvent être amenées à évoluer dans le temps en fonction de nouvelles données

Références bibliographiques

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1. Wijeratne, S. S. & Cuppett, S. L. (2007) Potential of rosemary (Rosemarinus officinalis L.) diterpenes
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2. Harach, T., Aprikian, O., Monnard, I., Moulin, J., Membrez, M., Beolor, J. C., Raab, T., Mace, K. & Darimont, C. (2009) Rosemary (Rosmarinus officinalis L.) Leaf Extract Limits Weight Gain and Liver Steatosis in Mice Fed a High-Fat Diet. Planta Med.
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12. Takano, H., Osakabe, N., Sanbongi, C., Yanagisawa, R., Inoue, K., Yasuda, A., Natsume, M., Baba, S., Ichiishi, E. & Yoshikawa, T. (2004) Extract of Perilla frutescens enriched for rosmarinic acid, a polyphenolic phytochemical, inhibits seasonal allergic rhinoconjunctivitis in humans. Exp. Biol. Med. (Maywood. ) 229: 247-254.