Saule blanc

Salix alba

Botanique

Le saule est un arbre dioïque pouvant atteindre 25 m de hauteur. On le retrouve dans tout l’hémisphère
Nord, à travers toute l’Europe, en Amérique du Nord et en Asie, en particulier dans les terrains humides : bords des cours d’eau, marais, marécages… ce qui lui a valu son nom latin. Son écorce est crevassée, ses rameaux flexibles et velus. Les feuilles du saule sont caduques, alternes, serrées et disposées tout autour du rameau. Elles sont lancéolées, argentées et soyeuses à la face inférieure. Les fleurs unisexuées, portées par des pieds différents, sont jaunes (mâles) ou vertes (femelles) et groupées en chatons dressés qui apparaissent en mars. Le saule est fréquemment écimé et les branches âgées de 2 à 5 ans sont écorcées au printemps. L’écorce est la partie utilisée en médecine.

Le nom latin du saule Salix provient du celte sal, “près de” et lis, “eau”. Riche en acide salicylique (ancêtre de l’aspirine), le saule est utilisé depuis des millénaires dans le monde entier pour soulager les douleurs articulaires et combattre la fièvre. Dès l’Antiquité, Dioscoride, médecin grec du Ier siècle après J.C., proposait des décoctions de feuilles et d’écorces de saule pour traiter les cors, les maladies de peau, la goutte et les otites.

Principales indications

En rapport avec ses propriétés anti-inflammatoires et analgésiques :
 
  • Arthrose
  • Poussées inflammatoires congestives
  • Rhumatismes inflammatoires
  • Algodystrophie en phase algique
  • Douleurs lors de rééducation fonctionnelle, séances de kinésithérapie
 
En rapport avec ses propriétés traditionnelles :
 
  • Etats fébriles et grippaux
  • Céphalées, migraines, névralgies
Saule blanc

Principales propriétés pharmacologiques

Activité anti-inflammatoire
 
L’administration par voie orale d’acide salicylique (présent dans le saule sous cette forme ou issu de
la transformation de la salicoside par la flore intestinale) in vivo, réduit la concentration en thromboxanes B2 et de façon dose dépendante celle des prostaglandines (PGE2) dans le sérum6,10,12. La diminution serait due à l’action inhibitrice de l’acide salicylique sur la cyclooxygénase10,12.
 

Activité analgésique, antirhumatismale
 
  • Une étude à double insu a été menée durant deux semaines auprès de 78 sujets souffrant d’arthrose du genou ou de la hanche : les chercheurs ont constaté une diminution de 14 % de la douleur chez les sujets traités avec un extrait d’écorce de saule et une augmentation de 2 % chez ceux ayant reçu un placebo11.
  • Au cours d’une étude à double insu portant sur 210 sujets souffrant de douleurs lombo-sacrées chroniques, les chercheurs ont constaté qu’après quatre semaines, 39 % des patients ayant reçu un extrait d’écorce de saule ne ressentent plus aucune douleur, contre 6 % des sujets du groupe placebo (p<0,001)3.
  • Par ailleurs, deux études de pharmacovigilance portant respectivement sur 228 et 451 sujets souffrant de douleurs lombaires chroniques indiquent que l’effet antidouleur de l’écorce de saule se compare à ceux des traitements classiques4,5.

Effets secondaires

Rares (troubles gastro-intestinaux imputables à la présence des tanins).

Toxicité

Aucune connue à ce jour.

Précautions d'emploi

Réservé à l'adulte uniquement. Déconseillé aux personnes souffrant d'allergie aux dérivés salicylés ainsi qu'aux personnes sous traitement anticoagulant. 

Contre-indications

Syndrome de Reye.

Les femmes enceintes et allaitantes sont invitées à prendre l’attache d’un professionnel de santé avant toute complémentation.

Interactions médicamenteuses

Surveiller la biologie en cas d’association avec les anticoagulants.

Ces données, non exhaustives, sont issues de la littérature scientifiques. Elles peuvent être amenées à évoluer dans le temps en fonction de nouvelles données

Références bibliographiques

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