Mélilot

Melilotus officinalis

Botanique

Le mélilot est une plante bisannuelle des terrains calcaires ou légèrement salés, à racines fibreuses et blanches. Les tiges, de 0,5 à 1 mètre, portent des feuilles trifoliées. Les fleurs, jaunes, odorantes, visibles de mai à septembre, sont réunies en grappes allongées. Les fruits sont des gousses contenant des graines. Commun en Europe et en Asie tempérée, le mélilot pousse dans des endroits secs et pauvres et jusqu’à 2200 mètres d’altitude. Les sommités fleuries sont les parties de la plante utilisées en médecine.

L'origine étymologique du mélilot provient du grec meli qui signifie « miel », et de lôtos, « lotus », « fleurs à miel », très recherchées par les abeilles.

Principales indications

En rapport avec son action veino-lymphatique
  • Insuffisance veino-lymphatique (lourdeurs des jambes), impatiences, crampes nocturnes, varices, prurit de stase…
  • Lymphoedème des membres inférieurs
  • Lymphoedème des membres supérieurs (suite chirurgie de cancer du sein)
 
En rapport avec son action sur l’intégrité de la paroi vasculaire
  • Hématomes et contusions
  • Couperose
 
En rapport avec son action veino-lymphatique et anti-inflammatoire 
  • Hémorroïdes

En rapport avec son action sur l’intégrité de la paroi vasculaire, l’oxygénation tissulaire et son effet trophique tissulaire
  • Ulcères variqueux
  • Troubles trophiques : dermites, eczéma…
  • Syndromes post-phlébitiques
 
En rapport avec son action sédative
  • Insomnie chez l’enfant (utilisation traditionnelle)
Mélilot

Principales propriétés pharmacologiques

Action capillaire et veino-lymphatique
 
Plusieurs études cliniques mettent en évidence l’action des dérivés coumariniques, composant du mélilot, sur la réduction des lymphoedèmes des bras et des jambes1,3.
 

Action lymphokinétique
Le mélilot possède un triple effet myotrope sur le système lymphatique, la veine et le capillaire avec une augmentation du tonus des vaisseaux5.
Le mélilot :
  • Stimule la pompe lymphatique (augmente la fréquence des contractions, augmente la force des contractions, diminue le seuil d’excitabilité)
  • Augmente le débit lymphatique
  • Augmente l’efficacité des contractions lymphatiques
  • Augmente l’activité vasculaire lymphatique
  • Diminution de la perméabilité capillaire6
  • Augmentation de l'oxygénation tissulaire par amélioration de la microcirculation et stabilisation de la membrane des érythrocytes
  • Effet trophique tissulaire secondaire à la revascularisation : le mélilot favorise la cicatrisation et la régénération tissulaire, par stimulation du pouvoir protéolytique des macrophages et du système réticulo-endothélial7,8
  • Anti-inflammatoire: le mélilot diminue, in vivo, l’activation des phagocytes circulants9
 

Autres propriétés
  • Sédatif, analgésique léger et spasmolytique;
  • Anticoagulant léger: la coumarine retarde le début et la fin de la coagulation, augmente le temps de coagulation sans modifier le temps de saignement ni le taux de prothrombine (TP) (à la différence du dicoumarol qui entraîne un déficit en vitamine K) ;
  • Des données plus récentes suggèrent que la coumarine pourrait exercer des effets bénéfiques dans le traitement de certains cancers. En effet, Burgos et coll. ont montré que ce composé atténuait le lymphoedème après une chirurgie de cancer du sein et une thérapie de radiation10. Dans une autre étude, les chercheurs ont montré que l’osthole, une coumarine naturelle, était capable d’inhiber la croissance et l’apoptose de lignées hépatocellulaires cancéreuses11.

Associations de plantes avec Mélilot

  • Insuffisance veinolymphatique avec fibrome
  • Jambes lourdes, fragilité capillaire

Effets secondaires

Les seuls effets indésirables signalés avec le mélilot sont des maux de tête, des troubles gastro intestinaux et parfois des troubles du foie. Un surdosage peut entraîner des vomissements13.

Toxicité

Toxicité hépatique de la coumarine à partir de 0,1mg/kg/jour12.

Précautions d'emploi

Déconseillé aux femmes enceintes.

Contre-indications

Le mélilot est contre-indiqué pour les personnes souffrant de problèmes de foie et en cas d'hypersensibilité aux substances actives1.

Les femmes allaitantes sont invitées à prendre l’attache d’un professionnel de santé avant toute complémentation.

Interactions médicamenteuses

Du fait de la présence de coumarines, le mélilot peut interagir avec les plantes et les médicaments qui fluidifient le sang (anticoagulants). Lorsque l’on prend ce type de traitement, il est préférable de s’abstenir de prendre du mélilot13.

Ces données, non exhaustives, sont issues de la littérature scientifiques. Elles peuvent être amenées à évoluer dans le temps en fonction de nouvelles données

Références bibliographiques

Afficher les références bibliographiques
1 Casley-Smith JR, Wang CT, Casley-Smith JR, Zi-hai C. Treatment of filarial lymphoedema and elephantiasis with 5,6-benzo-alpha-pyrone (coumarin). BMJ. 1993; 307: 1037- 41.
2 Casley-Smith JR, Morgan RG, Piller NB. Treatment of lymphedema of the arms and legs with 5,6-benzo-[alpha]- pyrone. N Engl. J Med 1993; 329:1158-63.
3 Casley-Smith JR, Casley- Smith JR. Treatment of lymphedema by complex physical therapy, with and without oral and topical benzopyrones: what should therapists and patients expect. Lymphology. 1996; 29: 76-82.
4 Farinola N, Piller N. Pharmacogenomics: its role in re-establishing coumarin as treatment for lymphedema. Lymphat. Res Biol 2005; 3: 81-6.
5 Casley-Smith JR. Benzopyrones in the treatment of lymphoedema. Int Angiol. 1999; 18: 31-41.
6 Wichtl M, Anton R. Plantes thérapeutiques. Tradition, pratique officinale, science et thérapeutique. 1999.
7 Bruneton J. Pharmacognosie, Phytochimie, plantes médicinales. Paris: 1999.
8 Hoult JR, Paya M. Pharmacological and biochemical actions of simple coumarins: natural products with therapeutic potential. Gen Pharmacol. 1996; 27: 713-22.
9 Plesca-Manea L PAPMTMBRPM. Effect of Melilotus officinalis on acute
inflammation. Phytotherapy Research 2002; 16: 316-9.
10 Burgos A, Alcaide A, Alcoba C et al. Comparative study of the clinical efficacy of two different coumarin dosages in the management of arm lymphedema after treatment for breast cancer. Lymphology. 1999; 32: 3-10.
11 Zhang L, Jiang G, Yao F et al. Growth inhibition and apoptosis induced by osthole, a natural coumarin, in hepatocellular carcinoma. PLoS. One. 2012; 7: e37865.
12 Abraham K, Wohrlin F, Lindtner O, Heinemeyer G, Lampen A. Toxicology and risk assessment of coumarin: focus on human data. Mol Nutr Food. Res 2010; 54: 228-39.
13 Vidal - le mélilot. 2013.